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poemes/textes...

Mardi 7 octobre 2008 2 07 /10 /Oct /2008 22:47
- Communauté : Ce que je pense, Ce que je vis
Eiffel : Je Voudrais Pas Crever

Je voudrais pas crever 
Avant d' avoir connu 
Les chiens noirs du Mexique 
Qui dorment sans rêver 
Les singes à cul nu 
Dévoreurs de tropiques 
Les araignées d' argent 
Au nid truffé de bulles 
Je voudrais pas crever 
Sans savoir si la lune 
Sous son faux air de thune 
A un côté pointu 
Si le soleil est froid 
Si les quatre saisons 
Ne sont vraiment que quatre 
Sans avoir essayé 
De porter une robe 
Sur les grands boulevards 
Sans avoir regardé 
Dans un regard d'égout 
Sans avoir mis mon zobe 
Dans les coinstots bizarres 
Je voudrais pas finir 
Sans connaître la lèpre 
Ou les sept maladies 
Qu' on attrape là-bas 
Le bon, ni le mauvais 
Ne me feraient pas de peine 
Si si si je savais 
que j' en aurais l' étrenne 
Et il y a z' aussi 
Tout ce que je connais 
Tout ce que j' apprécie 
Que je sais qui me plaît 
le fond vert de la mer 
Où valsent les brins d' algue 
Sur le sable ondulé 
L' herbe grillée de juin 
La terre qui craquelle 
L' odeur des conifères 
Et les baisers de celle 
Que ceci que cela 
La belle que voilà 
Mon ourson, l' Ursula 
Je voudrais pas crever 
Avant d' avoir usé 
Sa bouche avec ma bouche 
Son corps avec mes mains 
Le reste avec mes yeux 
J' en dis pas plus faut bien 
Rester révérencieux 
Je voudrais pas mourir 
Sans qu' on ait inventé 
Les roses éternelles 
La journée de deux heures 
La mer à la montagne 
La montagne à la mer 
La fin de la douleur 
Les journaux en couleur 
Tous les enfants contents 
Et tant de trucs encore 
Qui dorment dans les crânes 
Des géniaux ingénieurs 
Des jardiniers joviaux 
Des soucieux socialistes 
des urbains urbanistes 
Et des pensifs penseurs 
Tant de choses à voir 
A voir et à z' entendre 
Tant de temps à attendre 
A chercher dans le noir 
Et moi je vois la fin 
Qui grouille et qui s' amène 
Avec sa gueule moche 
Et qui m'ouvre ses bras 
De grenouille bancroche 
Je voudrais pas crever 
Non monsieur non madame 
Avant d' avoir tâté 
Le goût qui me tourmente 
Le goût qu' est le plus fort 
Je voudrais pas crever 
Avant d' avoir goûté 
La saveur de la mort... 


-texte issu d'un poeme de Boris Vian- 
Par o°aurele°o - Publié dans : poemes/textes...
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Dimanche 3 août 2008 7 03 /08 /Août /2008 22:58
- Communauté : Ce que je pense, Ce que je vis
Les bois épais, les sirtes mornes, nues,
Mêlent leurs bords dans les ombres chenues.
En scintillant dans le zénith d'azur,
On voit percer l'étoile solitaire :
A l'occident, séparé de la terre,
L'écueil blanchit sous un horizon pur,
Tandis qu'au nord, sur les mers cristallines,


Flotte la nue en vapeurs purpurines.
D'un carmin vif les monts sont dessinés ;
Du vent du soir se meurt la voix plaintive ;
Et mollement l'un à l'autre enchaînés,
Les flots calmés expirent sur la rive.
Tout est grandeur, pompe, mystère, amour :
Et la nature, aux derniers feux du jour,
Avec ses monts, ses forêts magnifiques,
Son plan sublime et son ordre éternel,
S'élève ainsi qu'un temple solennel,
Resplendissant de ses beautés antiques.
Le sanctuaire où le Dieu s'introduit
Semble voilé par une sainte nuit ;
Mais dans les airs la coupole hardie,
Des arts divins, gracieuse harmonie,
Offre un contour peint des fraîches couleurs
De l'arc-en-ciel, de l'aurore et des fleurs.


Chateaubriand Le soir au bord de la mer 
Par o°aurele°o - Publié dans : poemes/textes...
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Dimanche 3 août 2008 7 03 /08 /Août /2008 21:10
- Communauté : Ce que je pense, Ce que je vis
        Elle est debout sur mes paupières
Et ses cheveux sont dans les miens,
Elle a la forme de mes mains,
Elle a la couleur de mes yeux,
Elle s'engloutit dans mon ombre
Comme une pierre sur le ciel.

Elle a toujours les yeux ouverts
Et ne me laisse pas dormir.
Ses rêves en pleine lumière
Font s'évaporer les soleils
Me font rire, pleurer et rire,
Parler sans avoir rien à dire.



Paul Eluard
Extrait de "Capital de la Douleur", Poésie/Gallimard


Par o°aurele°o - Publié dans : poemes/textes...
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